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La Norvège et l’OIF rejoignent l’Alliance Sahel lors du 4ème comité de pilotage de la plateforme de coordination

Le 4ème Comité de pilotage (CPO) de l’Alliance Sahel s’est tenu le 10 novembre 2020. Ce jalon trimestriel de l’Alliance Sahel a connu une participation forte de ses membres, observateurs et représentants des pays du G5 Sahel.

L’allocution d’introduction du président de séance, Mr. Christophe Rauh, Directeur Afrique au Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement allemand (BMZ), a ouvert la réunion. Dans un contexte de crise mondiale du Covid-19 et de défis régionaux récurrents au Sahel, il a exprimé sa fierté pour le rôle joué par l’Alliance Sahel en tant que plateforme de coopération et il a appelé les participants à intensifier et à concrétiser davantage les efforts communs dans le domaine du développement. Mr. Christophe Rauh a également relevé la qualité croissante des relations entre l’Alliance Sahel et le Secrétariat exécutif du G5 Sahel.

SE Maman Sidikou, Secrétaire exécutif du G5 Sahel, a ensuite rappelé que la croissance dans le contexte sahélien est avant tout le fait des entreprises, acteurs indispensables de la mise en œuvre du Cadre d’Actions Prioritaires Intégré (CAPI), et que le développement économique au Sahel contribue à la stabilité et prospérité de la région. Il a exprimé le souhait que les discussions ayant suivi la signature du protocole d’accord avec l’Union des Chambres de Commerce et d’Industrie du G5 Sahel soient traduites en actes concrets. SEM Maman Sidikou a rappelé aux participants les priorités du CAPI : le financement des projets à impact rapide impliquant secteur privé et autorités locales et le ciblage des interventions sur les zones frontalières. Il a souligné que le pastoralisme constitue un élément de résilience et de stabilité économique important dans la région.

Le représentant de la présidence mauritanienne du G5, Mr. Nany Mohamed Salem, a quant à lui rappelé la priorité de la présidence mauritanienne: servir la jeunesse sahélienne, dont les moins de 30 ans représentent près de 70% de la population, en leur offrant des perspectives d’avenir.

La représentante de la coopération espagnole (AECID), Mme Cristina Diaz a ensuite pris la parole pour partager les objectifs prioritaires de la présidence espagnole de l’Alliance Sahel (élever le profil politique de l’Alliance Sahel au niveau international et sur le terrain des pays du G5 Sahel, développer le dialogue politique au plus haut niveau avec le G5 Sahel et élargir le nombre de membres et observateurs pour augmenter l’attention et le soutien au Sahel), ainsi que les thèmes prioritaires de la présidence (réponse aux impacts socio-économiques négatifs provoqués par le Covid-19, sécurité alimentaire et changement climatique, promotion de l’égalité des genres et des droits des femmes, bonne gouvernance et réforme des politiques publiques). Une rencontre virtuelle a été organisée entre la Ministre espagnole, Mme Arrancha Gonzales Laya, et les ministres du G5 pour connaître leurs attentes par rapport à l’Alliance Sahel et une seconde réunion est programmée pour le mois de décembre afin de faire le point sur les initiatives de la présidence.

Mme Sandra Kramer, Directrice des relations EU-AU, de l’Afrique de l’Est et de l’Ouest à l’UE (DEVCO), a attiré l’attention sur la situation mondiale inquiétante, entraînant pour la première fois depuis 1998, l’augmentation de la pauvreté dans le monde. Dans de nombreux pays, le développement durement acquis régresse et les conditions sociales et économiques se dégradent, en particulier pour les plus vulnérables. L’Union européenne soutient le travail sur le cadre de redevabilité comme instrument politique pour renforcer les efforts en faveur des populations dans les zones reculées. En conclusion, Mme Sandra Kramer a mis en lumière la population jeune et pleine de potentiel du Sahel, pour qui il est nécessaire de créer des opportunités d’emplois.

Le développement du secteur privé a fait l’objet d’une première session de travail. En tant que coordinateurs du groupe de travail « secteur privé », la BEI et la Commission européenne ont communiqué leurs recommandations concernent les enjeux du secteur privé au Sahel : la nécessité des réformes publiques pour l’amélioration du climat des affaires, la mise en place de mesures et programmes spécifiques en soutien au secteur privé, le développement d’instruments financiers adaptés au contexte sahélien, ainsi que le renforcement du dialogue entre les différents partenaires (du niveau informel au niveau régional). Le groupe de travail a conclu en présentant les prochaines étapes, parmi lesquelles l’organisation du « Sahel Business Forum ».

Lors de la session suivante, les représentants de l’AFD et de la Banque mondiale ont présenté une note décisionnelle concernant la mise en œuvre d’interventions communes et coordonnées dans les zones prioritaires. Lors de la précédente réunion du comité de pilotage, les membres s’étaient en effet accordés sur la nécessité de poursuivre la mise en œuvre de l’Approche Territoriale Intégrée (ATI) et d’intensifier leurs efforts dans les zones fragiles. Une série de recommandations destinées à améliorer la coordination des interventions dans les zones fragiles a donc été proposée, puis adoptée par les membres de l’Alliance Sahel.

Lors de la troisième session, les membres de l’Alliance Sahel et du G5 ont réaffirmé leur souhait d’une plus grande redevabilité mutuelle, au sein d’un cadre de dialogue avec le G5 Sahel, tel qu’approuvé lors du précédent comité de pilotage.

Les participants ont accueilli la Norvège en tant que 14ème membre de l’Alliance Sahel, ainsi que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en tant que membre observateur. Dans son discours, la Norvège a relevé le rôle clé joué par l’Alliance Sahel et la Coalition pour le Sahel comme cadres de dialogue privilégiés avec le G5 Sahel et s’est engagée à soutenir les pays du G5 Sahel dans la gestion du processus démographique, l’inclusion des femmes et la sécurité alimentaire, y compris dans les zones de crise.

Lors de la session d’information concernant la Coalition pour le Sahel et le Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel, Mr Angel Losada, représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, a rappelé aux membres de l’alliance que « le retour de l’état dans les zones fragiles doit rester au centre des préoccupations » et que le dialogue entre le G5 et l’Alliance Sahel est central.

Au terme de la réunion, les différents rapports de résultats (3 ans de l’Alliance et rapport de résultats 2019) ont été présentés, ainsi que leurs étapes de diffusion.


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